23 Jul 2018
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La Guinée brille par ses talents à l’international !

On connait les présélectionnés au « PRIX THEATRE RFI 2018 ».

 

Sur 168 propositions de 19 pays, c’est seulement 12 textes dont celui de Souleymane Thiâ’nguel qui figurent sur la liste. Chaque année, le « PRIX THEATRE RFI » ouvre ses portes aux auteurs africains francophones et des caraïbes. Promouvoir la richesse des écritures dramatiques contemporaines francophones du Sud, favoriser le développement de carrière de jeunes auteurs écrivant en français, tels sont les objectifs de cette rencontre littéraire. Pour cette 5e édition, le « PRIX THEATRE RFI  » sera remis à Limoges en France le 30 septembre prochain pendant les francophonies de Limoges.

Plusieurs fois nominés avant de décrocher pour « convulsions » le prix en 2016, Hakim Bah avait déjà honoré notre pays à cette rencontre en plus de Bilia Bah qui était membre du jury cette année-là. Tous nos souhaits de bonne réussite à Souleymane pour cette année !

 

En exclusivité, Rarili News vous propose la note d’intention de Thiâ’nguel. Découvrez ce à quoi ressemble son texte présélectionné ! 

 

 

NOTE D’INTENTION

 

Quelqu’un tient à savoir ce qui est arrivé à une femme et à son père. Il fait subir un interrogatoire à un quelqu’un qu’il pense être partie prenante dans la disparition du père et de sa fille. Mais quelqu’un, malgré la violence et la détermination de l’autre, refuse tout aveu. Mieux, il veut amener l’autre à pousser les sévices jusqu’à lui faire exploser le crâne de son 357 Magnum 9mm fabrication Smith & Wesson. Parce qu’il y a des passés dont on n’a pas envie d’apercevoir la silhouette dans son rétroviseur. Il y a des passés qui nous obligent à flinguer notre rétroviseur pour se laisser porter par les vents plus prometteurs de l’avenir.

Cette histoire est d’abord une histoire de séparation, une histoire d’exil. Mais, dès le début, il ne s’agissait pas pour moi de raconter la vie des exilés dans les pays où ils trouvent refuge. J’ai voulu parler de l’exil, de la séparation qu’il occasionne et surtout des conséquences qu’il cause sur les proches laissés au pays. On parle souvent de celui qui part se mettre à l’abri, mais peu, à mon sens, de ceux qui restent et de ce qu’ils subissent par le fait de l’absence de l’autre. C’est un dilemme que pose le texte : Faut-il partir ou rester ? Faut-il l’obliger à partir ou à rester. Ou partir quand même se mettre à l’abri et laisser les siens subir les conséquences. Si l’on part et que la situation se complique pour nos proches, faut-il toujours rester ou décider de revenir les soutenir, quitte à risquer sa propre vie ?

C’est donc une histoire où chaque protagoniste est amené à décider. Une décision qui lui semble juste à un moment, mais qui au final est l’expression de l’unique, de la seule satisfaction de son égo. Chacun se convainc et convainc l’autre que sa décision est prise pour le protéger, alors que c’est pour se protéger soi-même. Comme pour dire que tout ne peut pas être ou noir ou blanc. Comme pour confirmer qu’il y a en chacun une part d’ombre et une part de lumière ; et que l’une ou l’autre s’exprime en fonction de nos intérêts présents ou futurs. Si cela est vrai, est-ce que finalement le bourreau et la victime de cette histoire ne font pas qu’un : deux consciences d’un homme qui livrent bataille dans le même corps, l’un pour mauvaise conscience et l’autre pour se payer bonne conscience. Finalement, qui est bourreau ? Qui est victime ? Qui est coupable ? Qui est innocent ? Entre les deux protagonistes de cet interrogatoire poussé, entre le père et la fille, on n’a que l’embarras du poids.

 

 

News publiée par la rédaction

 

 

 

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